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Le conditionnement aversif est une
procédure réalisée aisément
chez l’homme comme chez l’animal. De nombreux
paradigmes expérimentaux ont permis de mettre
en évidence des phénomènes de conditionnements,
de même que de nombreuses mesures physiologiques
et comportementales permettrent d’en mesurer les
effets. Pour mémoire, les dispositifs expérimentaux
de conditionnement reposent sur le principe suivant
: parmi un certain nombre de stimuli dits conditionnels
(CS), certains (CS+) sont accompagnés lors de
leur présentation par un stimulus inconditionnel
(UCS) désagréable, comme une décharge
électrique ou un son strident. Du point de vue
anatomo-clinique, des lésions amygdaliennes bloquent
le conditionnement aversif chez l’homme comme
chez l’animal18. En imagerie cérébrale
fonctionnelle, plusieurs études retrouvent une
augmentation du signal amygdalien lors de la présentation
du stimulus conditionnel (CS+ versus CS )19,20,21,22,23.
Une fois acquise, la peur conditionnée peut également
être progressivement « éteinte ».
Au cours d’une procédure appelée
extinction, symétrique du conditionnement, les
stimuli conditionnels (CS+) sont présentés
de façon répétés mais cette
fois sans être accompagnés par un stimulus
inconditionnel (UCS). Dans ces conditions on observe
une disparition progressive du conditionnement, c’est-à-dire
de la peur conditionnée. Il est possible de montrer
que ce phénomène d’extinction ne
permet de supprimer la peur conditionnée que
s’il est débuté très rapidement
après le conditionnement. Lorsqu’il est
plus tardif, il repose davantage sur un phénomène
d’inhibition de la peur acquise que de son effacement,
comme en témoignent les phénomènes
de reconditionnement très rapide ou de réapparition
spontanée ou contextuelle de la peur acquise24.
D’un point de vue neuro-anatomique, il est possible
de montrer que l’intégrité du cortex
préfrontal est nécessaire pour que se
produise le phénomène d’extinction
(pour une revue, voir25). L’extinction
repose donc sur une dynamique associant cortex préfrontal
et amygdales cérébrales, permettant d’inhiber
durablement une peur acquise. D’un point de vue
neurobiologique, il a été montré
que la voie glutamatergique est impliquée aussi
bien dans le conditionnement que dans l’extinction.
Le blocage de la transmission glutamatergique, notamment
dans l’amygdale basolatérale, supprime
en effet le conditionnement et l’extinction26.
A l’inverse, il a été montré
que l’extinction pouvait être accélérée
par l’administration d’agonistes glutamatergiques
partiels tels que la D-cyclosérine27,28.
L’implication de la voie GABAergique semble plus
complexe : les agonistes GABAergiques diminuent l’efficacité
de l’extinction lorsqu’ils sont administrés
avant la procédure d’extinction mais augmentent
sa rétention (le maintien de l’extinction)
lorsqu’ils sont administrés après
l’extinction. Enfin, le phénomène
d’extinction implique des mécanismes de
neuroplasticité, comme en témoigne sa
perturbation par le blocage des protéines kinases25. |
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Les phobies simples sont des troubles
anxieux qui semblent proches des phénomènes
de peur conditionnée29. De même
leur traitement cognitivo-comportemental est proche
des paradigmes d’extinction. Outre les éléments
les plus cognitifs (relativisation des risques et menaces
liés à l’objet phobogène),
il repose en effet sur l’exposition prolongée
à l’objet phobogène, permettant
progressivement de diminuer les phénomènes
anxieux. Il a été montré que cette
prise en charge cognitivocomportementale entraînait,
parallèlement à l’amélioration
clinique, une diminution de l’hyperactivité
cingulaire et insulaire30. L’administration
de D-cyclosérine en double aveugle au cours de
la thérapie cognitivo-comportementale accélère
et augmente considérablement l’efficacité
de la psychothérapie de l’acrophobie31
et de la phobie sociale32. Cette facilitation
pharmacologique est d’autant plus spectaculaire
qu’elle survient au cours d’un nombre limité
de séances (2 séances pour l’acrophobie
et 5 séances pour la phobie sociale) et qu’elle
est prolongée (3 mois). |