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Glutamate et troubles de l’humeur

Comme nous l’avons vu, la lamotrigine, désormais utilisée comme thymorégulateur, a un profil glutamatergique. Mais les résultats les plus spectaculaires viennent de l’utilisation de la kétamine. Alors que tous les antidépresseurs ont des effets retardés dans le temps (en moyenne entre 3 et 6 semaines), les effets de la kétamine sont immédiats. Plusieurs cas cliniques ont rapporté un effet bénéfique dans la dépression résistante. Ainsi l’induction de l’anesthésie par kétamine pour une séance d’électroconvulsivothérapie chez un patient déprimé résistant a entraîné une amélioration spectaculaire alors que la stimulation électrique n’était pas suffisante (inférieure au seuil épileptogène) pour déclencher une crise33. Cette démonstration a été validée par deux essais cliniques34,35. Depuis plusieurs études se sont attachés à définir des facteurs prédictifs de réponse, aussi bien en imagerie que cliniques, tels que des antécédents familiaux de dépendance alcoolique (communication du Docteur Zarate36.
   
Dans ce contexte, il faut rappeler le profil très particulier d’un antidépresseur, la tianeptine, agissant également par voie glutamatergique, en l’occurrence sur les récepteurs AMPA. Aux effets antidépresseurs, l’action glutamatergique de cette molécule peut combiner les effets spécifiques sur la neuroplasticité37,38.