Une aire cérébrale spécifique pour reconnaître les graphèmes

Nov 19, 2019 par

Que se passe-t-il dans le cerveau d’une personne qui lit ? Une récente étude française s’est penchée sur les mécanismes cérébraux associés à la lecture chez les adultes. Les chercheurs ont découvert une zone cérébrale spécifique, qui est directement impliquée dans la reconnaissance des graphèmes. Explications.
Graphemes

La lecture à partir de la reconnaissance des graphèmes

Lecture et écriture impliquent dans la majorité des langues d’écrire les sons du mot sous leur forme parlée. Or, un son n’est le plus souvent pas uniquement associé à une lettre, mais à plusieurs. L’écriture d’un son élémentaire est appelé par les linguistes un graphème. Le système alphabétique est basé intégralement sur les graphèmes. Il faut donc que le cerveau soit capable de les identifier. Mais par quels mécanismes ?

Récemment, des chercheurs français ont tenté d’analyser les mécanismes mis en œuvre par le cerveau, lorsqu’une personne lit. Les participants de l’étude ont passé une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) cérébrale, pendant laquelle des mots défilaient les uns après les autres sur un écran. Les mots étaient écrits avec un système bicolore, pour aider ou au contraire perturber la reconnaissance des graphèmes.

Une aire cérébrale spécifique activée pendant la lecture

En analysant les données collectées par imagerie médicale, les chercheurs ont montré qu’une région particulière du cerveau était activée au moment de la reconnaissance des graphèmes par les participants. Cette région cérébrale, située dans le cortex visuel, permettrait de reconnaître les graphèmes, c’est-à-dire les lettres ou groupes de lettres transcrivant un son élémentaire de la langue parlée (le phonème).

Le rôle assuré par cette région cérébrale est capital dans la capacité de lecture. En effet, les graphèmes ont une importance variable selon les situations :

  • Ils sont incontournables lorsqu’une personne lit pour la première fois un mot à haute voix ;
  • Ils sont moins importants lorsqu’une personne lit à voix basse un mot familier.

Ainsi, la région cérébrale identifiée comme impliquée dans la reconnaissance des graphèmes était activée de manière différente si les participants lisaient les mots à haute voix, s’ils les reconnaissaient en silence ou s’ils découvraient des mots inventés.

Une partie du cortex visuel qui se spécialise pendant l’enfance

La petite région du cerveau impliquée dans la reconnaissance des graphèmes est située dans le cortex visuel, qui est plus largement responsable de la reconnaissance des objets. Le cortex visuel, localisé à l’arrière du cerveau, se compose de plusieurs aires spécialisées :

  • Une zone pour la reconnaissance des visages ou des lieux ;
  • Une zone pour la reconnaissance des graphèmes, proche des aires dédiées au langage.

Cette étude, menée sur des adultes, révèle l’existence d’une zone cérébrale capitale dans la lecture. Mais cette zone ne serait pas présente dès la naissance. Les chercheurs pensent qu’elle apparaîtrait au cours de la phase d’apprentissage de la lecture chez l’enfant. Cette aire cérébrale, spécialisée dans la reconnaissance des graphèmes, est donc une belle illustration de la plasticité cérébrale.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Lire les sons du langage : une aire du cerveau spécialisée dans la reconnaissance des graphèmes. INSERM. Consulté le 8 octobre 2019.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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