Donald Hebb Richard Thomson Gabriel Horn Eric Kandel Yvette Sheline Bruce McEwen Eberhard Fuchs


Donald Hebb

  1. Dans les années cinquante, un neuropsychologue canadien, Donald Hebb, élabore une hypothèse qui sera à la base de la découverte de la plasticité neuronale.
  2. Pour cet auteur, lorsqu'un neurone envoie des messages bioéléctriques répétés à un autre neurone, le deuxième devient graduellement plus sensible aux messages du premier. Ce phénomène est à l'origine de la mémoire instable ou "à court terme". De même, des stimulations répétées produiraient des modifications permanentes dans la structure neuronale qui seraient à l'origine de la mémoire durable ou "à long terme". L'apprentissage résulte de la modification des synapses et le rappel du passage de l'influx dans les voies particulières concernées. La multiplicité des contacts synaptiques pourrait alors constituer une banque de données d'un potentiel considérable.

 


Richard Thomson

  1. Au cours des années 60 et 70, un corpus considérable de données issues d'études sur des modèles animaux ou sur des cultures cellulaires appuiera cette hypothèse (cf. Donald Hebb).
  2. Parmi les travaux les plus marquants, ceux de neurophysiologie et de réflexologie de Richard Thomson et collaborateurs, permettent de démontrer la capacité des neurones à augmenter ou à diminuer leur sensibilité à des stimuli particuliers, c'est-à-dire à distinguer durablement différents stimuli.

 


Gabriel Horn

  1. Horn et collaborateurs établissent le lien entre les modifications fonctionnelles et les changements structuraux et biochimiques en constatant qu'un type d'apprentissage, le modèle de l'empreinte ou "imprinting", s'accompagne d'une importante augmentation de la synthèse d'ARN dans certaines régions spécifiques.
  2. Cette augmentation de la synthèse d'ARN est à la base de la production de protéines, et par conséquent des remaniements synaptiques élémentaires et de la multiplication des synapses qui permettent l'établissement de rapports plus importants entre neurones voisins.

 


Eric Kandel

  1. Eric Kandel (prix Nobel 1972) en étudiant la neurotransmission sur un modèle animal, l'aplysie, montre l'intervention directe de la sérotonine dans le processus de sensibilisation et reconstitue les étapes biochimiques qui sont à la base de la plasticité neuronale.

 


Yvette Sheline

  1. Depuis 1991, les efforts de recherche du Pr Sheline se sont concentrés sur la neuro-imagerie et les études de traitement de la dépression. Les études entreprises dans son laboratoire en imagerie par résonance magnétique (IRM) ont mis en évidence des modifications de structure cérébrale dans l’hippocampe lors de la dépression, permettant une meilleure compréhension de la maladie dépressive. Des études ultérieures ont montré que la diminution du volume de l’hippocampe est corrélée à la durée de la dépression non traitée et que l’absence de diminution de volume de l’hippocampe est corrélée à une dépression traitée, suggérant un effet neuroprotecteur des antidépresseurs.
  2. Le Pr Sheline a aussi étudié par PET scan les modifications des récepteurs à la sérotonine au cours de la dépression et les altérations fonctionnelles des circuits émotionnels lors des études de la dépression par IRM fonctionnelle.

 


Bruce McEwen

  1. A la fin des années 80, le Pr McEwen met en évidence la vulnérabilité particulière de cellules de l’hippocampe : les cellules pyramidales qui, soumises à un stress chronique, présentent une atrophie dendritique et une diminution des connexions neuronales.

 


Eberhard Fuchs

  1. Le Pr Fuchs utilise des approches neuroanatomiques fonctionnelles, neuropharmacologiques, électrophysiologiques, comportementales et moléculaires afin d’étudier le fonctionnement cérébral dans des modèles animaux de maladies psychiatriques (dépression) et neurodégénératives (maladie de Parkinson, sclérose multiple). Le but de ce travail est de comprendre les structures, circuits, voies de passage et mécanismes du cerveau à l’origine des comportements normaux et pathologiques. Ce travail intègre les avancées dans d’autres domaines de recherche avec l’objectif final de développer et de tester de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les maladies neurodégénératives et psychiatriques comme la dépression.